DEPENDANCES
Vous trouverez ci-dessous des informations sur la dépendance en général, puis sur l’anorexie-boulimie et l’alcool en particulier.Â
 Dépendance en général
La dépendance commence avec “la perte de liberté de s’abstenir” (définition de Pierre Fouquet). Â
Il existe des dépendances avec produits (alcool, tabac, cannabis, médicaments, caféine, sucre….) et d’autres sans produits (dépendance affective, jeu pathologique, achats compulsifs, addiction au sport ou au travail, cyberdépendance, sexualité compulsive, ….).Â
Dans l’addiction avec produit, un phénomène de dépendance physique aux substances psychoactives s’ajoute à la dépendance psychologique. Dans les deux cas, on retrouve la troisième dimension de la dépendance: la dépendance comportementale. Il s’agit de la dépendance liée à nos habitudes comportementales, par exemple, fumer en buvant le café (qui fait que par la suite boire sans fumer sera difficile).Â
Il existe de nombreux points communs entre les différentes dépendances. En même temps, chacune d’elles garde sa spécificité et sa dangerosité relative. Parmi les similitudes entre les différentes dépendances, on notera:Â
- L’impossibilité de se passer d’un produit, d’une personne ou d’une conduite sous peine d’en éprouver un certain malaise ou un manque.
- La contrainte, la perte de contrôle ou de liberté.
- La répétition ou la compulsion.
- La fréquence des passages d’une addiction à une autre (phénomène de déplacement)
- L’association ou cumul de plusieurs addictions (phénomène de la poly-addiction)
- L’envahissement de la vie du sujet par l’addiction (phénomène de centration)
- Le déni, c’est à dire le refus inconscient, d’appréhender une partie de la réalité, visant à maintenir une situation existante (”Je ne bois pas”; “J’arrête quand je veux”; ….)
- Des mécanismes biologiques communs au niveau du cerveau (notamment le système de la dopamine)Â
On observe également, souvent, la présence de certains des symptômes suivants chez les personnes souffrant de dépendance:Â
- Recherche de sensations
- Stress (parfois post-traumatique)
- Dépression et angoisse
- Faible estime de soi, image négative de soi
- Dépendance au regard de l’autre
- Evitement des conflits
- Difficulté à exprimer ses émotions
- Sentiment suicidaire (ou perte des envies)
- Difficultés relationnelles (communication, intimité)
- Difficultés d’autonomieÂ
Au delà de ces symptômes, le travail thérapeutique se fera sur les racines de ces signes de mal-être. Au coeur d’histoires de vie différentes et personnelles, on retrouve en effet souvent les mêmes racines profondes pour la dépendance, notamment:Â
- les troubles émotionnels (contact avec ses propres émotions et besoins/envies)Â
- les difficultés relationnelles (contact avec autrui, difficultés à gérer liberté et sécurité dans la relation)Â
- les carences ou blessures affectives et identitairesÂ

Les troubles du comportement alimentaire
La boulimie et l’anorexie font partie des conduites addictives. La boulimie se caractérise par des épisodes impulsifs de suralimentation, alors que l’anorexie se définit par l’absence de prise de nourriture. Elles ne sont pas à mettre en opposition puisqu’elles coexistent fréquemment chez une même personne.Â
La boulimie et l’anorexie touchent surtout les femmes, mais également les hommes. L’anorexie est mortelle, avec un taux de mortalité de 5 à 9 % selon les sources; elle amène souvent à un suivi médical. Â
La boulimie se caractérise par des crises irrépressibles et répétées d’absorption massive de nourriture. Elle s’accompagne de:Â
- un sentiment de perte de contrôle de l’alimentation (impossibilité de contrôler les quantités consommées, le choix des aliments, le temps de la crise).
- des comportements compensatoires ayant pour fonction d’annuler la suralimentation (vomissements, laxatifs, exercices physiques excessifs, jeûne,….).
- un sentiment de vide interne, une tension (comblés par l’ingestion massive).
- une mauvaise estime de soi, influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle.
- des troubles de la perception de l’image du corpsÂ
Pour les personnes souffrant d’anorexie-boulimie , selon le vécu de chacun, la thérapie permettra notamment de travailler les points suivants:Â
- le non-dit et l’affirmation de soi
-Â l’image corporelle et l’estime de soi
- les troubles anxieux, le stress post-traumatique
- la gestion des émotions et des besoins
- les carences affectives et identitairesÂ
Les TCA se soignent particulièrement bien en groupe, notamment pour deux raisons. Tout d’abord, parce que l’évitement social fait partie de cette problématique (secret, honte, retrait, …). Ensuite, parce que le regard de l’autre et l’image corporelle occupent une place importante dans ces troubles.Â
On le voit ici, les troubles alimentaires ne sont pas avant tout une histoire de régime, même si le déséquilibre alimentaire est souvent là au final. La guérison passera d’abord pour le sujet par cette première prise de conscience. Sinon, la demande d’aide risque de se limiter à l’élimination des inconvénients des troubles (prise de poids, problèmes dentaires,….et autres problèmes de santé), ce qui ne sera pas réellement thérapeutique pour la personne.Â


L’alcool est une drogue
L’alcool est une substance psychoactive, c’est-Ã -dire une drogue. Cependant, nous ne voyons pas l’alcool comme une drogue pour 5 raisons principales:Â
-l’alcool est presque totalement en vente libre à des prix très attractifs (hypermarchés, supermarchés, commerce traditionnel, …) , c’est une drogue licite.
- l’alcool est consommé par presque toute le monde (40 millions de consommateurs en France; plus de 80 % des adultes; 20 % des hommes en boivent tous les jours).
- l’alcool se consomme sous forme de boisson (la bière fraîche est loin de la seringue du toxicomane dans nos représentations mentales).
- l’alcool est à effet rapide et à accoutumance lente (au départ, c’est un produit efficace pour faire la fête, et ensuite la dépendance physique s’installe généralement après plusieurs années de consommation abusive, selon la consommation et l’âge).
- l’alcool fait partie de notre culture (le vin est intimement lié à notre patrimoine gastronomique).Â
L’alcoolo-dépendance n’est pas fondamentalement une question d’alcool au départ. En effet, l’alcool est au départ une aide pour une personne. Au début de l’usage du produit, l’alcool apporte au cerveau la tranquillité et le plaisir dont la personne a besoin en agissant comme:Â
- un désinhibiteur (permet de se “lâcher” au contact des autres)
- un anxiolytique (permet d’effacer ses peurs)
- un anesthésiant (permet de ne pas sentir la douleur)
- un anti-dépresseur (permet de se remonter le moral)
- un sommnifère (pour pouvoir dormir)Â
Ces effets positifs vont faire que la relation au produit est au départ une lune de miel. Puis, l’usage du produit va devenir abus car le corps de la personne aura besoin de consommer de plus en plus pour atteindre les effets positifs recherchés. Cependant, les effets négatifs du produit apparaissent avant la dépendance physique, signe que les organes du sujet sont atteints. Parmi ces effets négatifs, on notera:
- les troubles digestifs
- les troubles anxieux (effet anxiogène après la consommation)
- les troubles dépressifs
- les troubles cardio-vasculaires
- les troubles de l’humeur (irritabilité, détachement,…)Â
La dépendance physique à l’alcool s’installe plus tard dans le temps lorsque le cerveau commence à produire un opiacé (la THP ou tétrahydropapavéroline) avec l’alcool consommé. Pour bien comprendre ce point, voici quelques explications plus complètes.Â
La substance active dans les boissons alcoolisées est l’éthanol. La molécule d’éthanol est la même dans toutes les boissons alcoolisées. L’éthanol est une petite molécule qui a la propriété de traverser facilement les membranes digestives et nerveuses. Le foie est là pour évacuer et “distiller” l’éthanol (en acétate) quand nous buvons. Le foie a malheureusement des capacités limitées pour évacuer l’alcool consommé. Quand les quantités consommées dépassent les capacités du foie, l’alcool va toucher d’autres parties de l’organisme (le cerveau, le coeur, les poumons, les reins,….).Â
L’abus d’alcool a pour conséquence que l’éthanol “attaque” le cerveau en modifiant des circuits de neuro-transmission dopaminiques. La modification chimique de ces neuro-transmetteurs va faire que le cerveau produit de l’opium au bout d’un moment (cet opiacé est la THP ou tétrahydropapavéroline). L’alcoolo-dépendance physique commence donc réellement lorsque le cerveau devient une “pompe” à opium qui a besoin de se ravitailler en alcool pour produire son opium.Â
Etant donné cette réalité physiologique, il est important de contrôler sa consommation d’alcool dès le départ sur la base de ce que le foie et le corps peuvent assimiler. Pour information,  l’OMS préconise seulement les doses d’alcool suivantes:Â
- Pour les hommes / Au maximum 3 verres standards par jour + 1 jour de repos par semaine
- Pour les femmes / Au maximum 2 verres standards par jour + 1 jour de repos par semaineÂ
NB: 1 verre standard = 1 dose dans les verres des bars; exemple: 1 demi de 25 cl pour la bière, 1 dose “boule” pour le pastis, ….Â